Les Camps
La Musique

"....A peine étions nous arrivés que des chorales se formèrent, s’attaquant à des morceaux reconstitués
de mémoire : temps héroïques ! Tandis que la musique vocale peu à peu prenait son essor, un aspirant,
Monvoisin, créait un orchestre au bloc III. Les blocs voisins réalisaient les mêmes prouesses.
Chanteurs et instrumentistes s’entraînaient avec ardeur. Fin juillet, un mois après notre arrivée à Gross Born,
la musique, sous toutes ses formes, avait acquis droit de cité. Pourtant partitions, instruments et locaux,
autant d’obstacles à vaincre... " (30)

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Le "Jazz CHALLINE"
Oflag IID Gross-Born
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Le "Jazz DURAND"
Oflag IIB Arnswalde


Le "Jazz CHALLINE"
Oflag IID Gross-Born

Dans le domaine de la musique, comme dans les autres, au début, les difficultés sont les mêmes :
manque de matériaux, séparation des blocs obligeant chacun à créer sa propre structure.
Le plus facile, comme le laisse entendre l’Abbé Flament, a été la constitution de chorales. Il semble bien que,
à l’origine, celles-ci aient été formées, dans chaque bloc, par des maîtres de chapelle pour l’animation de messes.
Par la suite, elles ont étendu leur répertoire, passant du sacré au profane. Il faut citer quelques-uns de ces maîtres de chapelle qui ont su à la fois grouper des camarades mais aussi reconstituer de mémoire les oeuvres qu’ils nous faisaient chanter : au bloc II, le Capitaine Boyer, chef de musique, qui, rapatrié avec les sanitaires, laissa sa baguette à Blanchard, aux blocs 1-IV, Gardey et Lachaud et au bloc III, Monvoisin.
Les premières répétitions qui n’exigeaient pas un local exceptionnel pouvaient avoir lieu dans les baraques.
Pour ce qui concerne la musique instrumentale, si elle a aussi pu se manifester dès les premières semaines,
c’est grâce à la présence au camp de pianos que nous avons pu louer. Mais nous manquions d’autres instruments
et c’est la raison pour laquelle les premiers concerts ont été des récitals de piano. Dès le 28 juillet 1940,
le Lieutenant Chaline, ancien élève de Piero Coppola, donnait au bloc III un récital de musique contemporaine alors qu’au bloc II, c’est le Lieutenant Verdeau qui donnait un concert de musique romantique.
Petit à petit, par des envois de France, par des achats ou des locations en Allemagne, chaque bloc a pu s’approvisionner en partitions et instruments, et dans chacun d’eux, s’est créé un embryon d’orchestre
ou au moins quelques formations de musique de chambre. Mais il a fallu attendre mars 1941 et la libre circulation entre les blocs, pour que puisse se constituer un grand orchestre symphonique qui comportait
des éléments de grande valeur et dont les concerts ont bénéficié de la grande salle de spectacle, parfaitement équipée dont nous reparlerons plus loin quand il sera question de théâtre. Ce grand orchestre symphonique,
qui a réuni jusqu’à soixante exécutants, nous a donné au moins quinze concerts en un peu plus de trente mois
si l’on tient compte de la pénurie d’instruments la première année et des sanctions Giraud au moment
du déménagement vers Arnswalde. Quinze concerts au cours desquels nous avons entendu Beethoven, Bach, Haendel, Schubert, Lully, Rameau, Berlioz mais aussi Franck, Debussy et Ravel. Le Chef était le Capitaine Thimonnier et il est difficile de citer ici les nombreux solistes qui nous ont ainsi procuré une autre sorte d’évasion ! A côté de ce grand orchestre, il y eut aussi quelques formations de musique de chambre
qui se constituaient selon les besoins des œuvres programmées, ainsi que quelques récitals qui, on l’a vu,
ont commencé dès les premières semaines de la captivité. Là aussi, l’éventail des oeuvres allait de Couperin
à Roussel, chaque période étant largement représentée et le talent des solistes de ces concerts doit trouver ici le reflet de notre admiration.
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Le "Jazz DURAND"
Oflag IIB Arnswalde

Aout 1943 "Petit ensemble CHALLINE"
Oflag IID Gross-Born

Le "Jazz CHALINE"
Oflag IID Gross-Born
Septembre 1941

A côté de la musique classique, nous avons eu aussi nos orchestres de jazz et de musique populaire.
Parfois contestés par les puristes, ils nous ont procuré de bien agréables moments. A Gross Born et dans
les premiers mois du séjour à Arnswalde, ce sont Challine, Gardey et Wallet qui les ont assumés.
Mais l’événement a été l’arrivée, avec nos camarades de Schoken, d’une grande formation, style Raymond Ventura, sous la direction de Durand et un phénomène : la voix, parfois si féminine, de notre camarade Schulmann. En complément de cette vie musicale qui fut assez intense, Verdeau avait entrepris à Arnswalde,
à partir de septembre 1942, un cours d’histoire de la musique. "....Verdeau fut l’âme musicale du camp.
Sa modestie l’empêchera sans doute d’insister sur ce rôle. Pourtant, dès la fin de 1940, un récital de piano-alors qu’aucune musique n’existait au camp- venait procurer une évasion spirituelle. Faisant seulement appel
à sa mémoire, Verdeau réussissait le tour de force de nous faire oublier que nous étions des prisonniers.
Son exemple donna l’essor de la vie musicale....", André Dubois. Il avait prévu une cinquantaine de causeries :
il n’eut pas le temps de terminer ; son cours fut interrompu par notre départ.
Abondamment illustrée d’exemples, cette suite de conférences qui se tenait dans la salle du petit théâtre d’Arnswalde a réuni de très nombreux auditeurs. Il ne faut pas oublier aussi dans ce panorama la place de la musique enregistrée. Quelques officiers s’étaient fait envoyer de France des phonographes (oh ! pas de qualité extraordinaire !) et des disques. Des phonographes aussi avaient été confiés au Centre d’Entraide où on pouvait les louer pour un jour ou deux. Des chambres pouvaient ainsi, le soir, après la fermeture des blocks et même après l’extinction des feux, s’offrir un concert de musique enregistrée. Paul André Lesort raconte une
de ces soirées ".... Parfois aussi, la soirée était occupée par une audition musicale, lorsque nous avions pu louer
le phonographe appartenant au Centre d’Entraide. Ce concert était généralement préparé un certain nombre de jours à l’avance par l’un de nous qui en assurait ensuite la présentation. Guillaume, qui était assidu aux récitals et aux concerts donnés par les musiciens du camp et qui suivait les cours d’histoire de la musique de V...,
profita de ces préparations d’audition pour étudier un domaine qu’il avait découvert tardivement (...)
mais où il manquait de connaissances de base. " ... Aussi (...), passait-il les heures disponibles de la matinée à écouter des disques dont il reprenait indéfiniment les passages, pour les analyser en se servant notamment
du Traité de Composition de Vincent d’Indy, qu’il s’était fait envoyer..." (31) Ce panorama de la musique
au camp ne serait pas complet si nous ne parlions pas aussi de composition et d’harmonie. "...
Fécondité des compositeurs ? Dès les premiers mois, pour harmoniser des oeuvres vocales ou pour orchestrer des parties instrumentales, ils se mirent à l’oeuvre. Au bloc III, Challine, Thimonnier et Landerouin composaient ; au bloc II, Boyer et Degenne ; au bloc I-IV, Gardet pour ne citer que les plus connus..." (32).
Mais ils ne s’arrêtèrent pas là. Voici une énumération, certainement très incomplète, de quelques-unes unes
des oeuvres composées, généralement créées au camp. Challine qui fut le plus fécond de nos compositeurs avait écrit dès décembre 1940 une comédie musicale : " La Reine s’ennuie " ; puis pendant l’hiver 1940-1941,
une sonate pour violon et piano ; en 1941, la musique de scène de " Fabliau " ; puis un quatuor pour violon, clarinette, violoncelle et piano et enfin un concerto pour violon et orchestre. Thimonnier est l’auteur d’une "Missa brevis" , d’une cantate "Hommage à Jeanne d’Arc ", d’une "Héroïde funèbre" et d’une "Sonate d’été".
De Blanchard, une "Suite gasconne", et une "Messe de joie pour une fête triste". Enfin, Flageollet a orchestré
en captivité une "Élégie" composée avant guerre et a écrit "Nocturne" et "Triptyque".
Certainement d’autres oeuvres, d’autres harmonisations ont probablement du être abandonnées dans
les bagages laissés à notre départ et ont été détruites dans les pillages et les bombardements.

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Le "Jazz GARDEY"
Oflag IID Gross-Born
Avril 1941
Un groupe de musique de chambre
Oflag IIB Arnswalde
DURAND et ses vedettes féminines
Oflag IIB Arnswalde
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Valse musette créée à
l'Oflag IID Gross-Born
"FIROFLAY"
paroles et partition
Chanson
"Au chat qui dort"
"Au chat qui dort"
paroles et partition
Chanson
"On s'aime...
c'est fou !"
paroles et partition

Chanson
"On s'aime...
c'est fou !"
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OFLAG IID CONCERT 23-10-1941

     
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Partition


Oflag IIB CONCERT
3-10-1942
La SCOLA du Block II - Oflag IID
Gross-Born - Novembre 1941. 
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Oflag IID – Gross-Born : orchestre et chorale du camp – Juillet 1941.




La SCOLA du Block II – Oflag IID
Gross-Born - Novembre 1941.
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Gross-Born – Oflag IID : Chorale du Block 3 – Décembre 1940
Jean de Gérin-Ricard, est le 11ème en partant de la gauche
sur le rang de derrière.

  1er joueur d'accordéon en partant
de la droite = Paul LACHAUD.
2ème musicien en partant de la gauche,
debout, avec un saxophone, pourrait être Lucien GUIDAL.


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1er accordéoniste debout en partant de la droite
Paul LACHAUD.

5ème musicien en partant de la droite
(en retrait) = Paul LACHAUD.
2ème musicien en partant de la gauche (trompette) = Paul LACHAUD.

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Archives Dariusz CZERNIAWSKI - Borne Sulinowo - Pologne
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Archives Dariusz CZERNIAWSKI - Borne Sulinowo - Pologne
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Archives Dariusz CZERNIAWSKI - Borne Sulinowo - Pologne
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Archives Dariusz CZERNIAWSKI - Borne Sulinowo - Pologne