Les Camps
Pourquoi deux OFLAGS, le IID et le IIB ?

A la suite des différentes évasions et surtout
de celle de dix sept prisonniers en mars 1942,
les Allemands décidèrent d’envoyer les Français
de l’Oflag IID, de Gross-Born vers l’Oflag IIB d’Arnswalde. Plusieurs milliers d’Officiers
Polonais y étaient détenus depuis septembre 1939.
Les Polonais ont été envoyés prendre la place
des Français à l’Oflag IID.

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    Carte postale avant guerre du camp de GROSS-BORN
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Comment devient-on prisonnier de guerre ?

Dans les temps anciens, à la fin combats, les vainqueurs emmenaient les vaincus en esclavage quand
ils ne les massacraient pas. Plus tard, ils se contentèrent de rassembler des prisonniers qu’ils gardaient
en captivité chez eux, en général en subordonnant la libération de ces derniers au paiement
d’une rançon ou d’une contribution financière importante.

Des rois de France connurent cette situation. Les guerres de 1870-1871 et de 1914-1918 ont été,
par exemple, pour la France, deux périodes où elle a eu à subir ce genre d’épreuve. Furent alors capturés
des blessés restés sur le champ de bataille, des combattants réduits à l’impuissance pour diverses raisons,
soit en rase campagne, soit dans des camps retranchés ou des fortifications.

En 1870-1871, le nombre de prisonniers capturés par les Allemands fut assez important pour avoir
une influence sur l’évolution de la guerre et sur la décision de la France d’arrêter les combats.
En revanche, en 1914-1918, le nombre des prisonniers, même loin d’être négligeable, n’a pas été,
semble-t-il, déterminant dans les décisions prises par les responsables civils et militaires.

Il n’en a pas été de même en 1940. Et pour saisir l’importance de l’épreuve subie alors, par notre pays,
il faut rappeler les grandes lignes des opérations militaires de l’époque. De septembre 1939 au 9 mai 1940,
les armées françaises et les armées allemandes restèrent dans les limites de leurs frontières.
Seules quelques opérations de faible envergure, menées par des effectifs restreints donnèrent lieu à des
combats peu fréquents en Lorraine et en Alsace. Ces derniers donnèrent l’occasion aux Français comme
aux Allemands, de faire quelques prisonniers, comprenant essentiellement de jeunes cadres et des hommes
du rang qui ressentirent I’humiliation et les contraintes pénibles de l’internement en pays ennemi.
Ce fut ce que l’on a appelé "la drôle de guerre", pendant laquelle la France, peu prête initialement à mener
de grandes actions militaires, s’efforça de compléter l’armement de ses forces. Le 10 mai 1940,
la situation changea du tout ou tout. Les forces allemandes entrèrent en Hollande et en Belgique,
bousculèrent les forces françaises, anglaises et belges qui cherchèrent a s’ opposer a leur avance, percèrent
les défenses françaises à Sedan et atteignirent Amiens puis la côte du Pas de Calais en quelques jours.
Une très grande partie du dispositif allié fut ainsi encerclée en Flandre, dans des conditions qui l’amenèrent
à cesser le combat. Les Allemands capturèrent ainsi, malgré l’embarquement de certaines unités
à Dunkerque pour rallier l’Angleterre, un premier groupe extrêmement important.
Les formations françaises restant disponibles occupèrent alors une ligne longeant la Somme, l’Aisne et
se reliant à la ligne des ouvrages de la ligne Maginot dans le Nord-est du pays. Mais trop peu nombreuses,
disposant d’un potentiel matériel insuffisant, elles ne purent résister a une attaque générale lancée par
les Allemands vers le Sud et le Sud-est, à partir du 5 juin. Elles durent effectuer des replis successifs qui
les désagrégèrent totalement. Au cours de ces replis, marqués le 14 juin par l’entrée des Allemands à Paris,
des combats sanglants où l’héroïsme fut fréquent, furent livrés, mais rapidement, ils ne purent être
coordonnés et ils manquèrent d’efficacité. De nombreux combattants français furent encerclés, neutralisés,
soit individuellement, soit en groupes plus ou moins importants, parfois sans même pouvoir utiliser leurs
armes. Il fallut attendre l’Armistice signé le 22 juin pour voir cette déroute se terminer bien au Sud
de la Loire, à compter du 25 juin, date fixée pour l’ arrêt des combats.

En six semaines, les armées françaises bousculées par les forces aériennes et terrestres allemandes
avaient perdu 100.000 tués et un nombre exorbitant d’environ 1.800.000 prisonniers de tous grades
(environ 35% des effectifs de l’armée française). Le moral de ces derniers, comme celui de la population
civile, dont une partie avait pris le chemin de l’exode vers le Sud dès le 10 mai, ne pouvait qu’être
profondément influencé par un tel désastre. L’étude complète de cette influence demanderait un travail
spécial, nécessairement long, qu’il n’est pas envisagé pour l’instant de réaliser. En outre, il faut être
conscient qu’en raison du très grand nombre d’ hommes concernés, les réactions de ces derniers ont été
très diverses et parfois contradictoires. Malgré cette réserve, il est cependant possible de retenir ce qui suit :

Dès la capture, désarmés, soumis à la surveillance de sentinelles prêtes à faire usage de leurs armes pour
obtenir le respect des ordres ou consignes donnés par leurs cadres, les prisonniers de 1940
ont nécessairement éprouvé une très grande tristesse, en constatant l’impressionnante supériorité de
l’adversaire. Il s’ensuivit un sentiment d’humiliation et, l’on peut le dire, de déshonneur, dans la mesure où,
individuellement ou collectivement, ils n’avaient su ou pu remplir leur mission. Ils étaient fatigués à la suite
des opérations et replis des jours précédant leur capture, parfois anéantis physiquement. La nourriture
et la boisson manquaient, surtout lorsque les prisonniers faisaient partie de colonnes importantes.
Les officiers étaient séparés des sous-officiers et des hommes du rang ; le soutien moral que l’on pouvait
attendre de la cohésion des unités disparaissait.

Chacun se trouvait très vite isolé dans un groupe composé de combattants inconnus, provenant de
formations diverses. Par ailleurs, les uniformes étaient souvent disparates, devenaient rapidement défraîchis
sinon sales, ce qui donnait de l’ensemble une impression désagréable, démoralisante. Par ailleurs,
la gravité des événements que les prisonniers venaient de vivre ou qu’ils apprenaient par bribes,
provoquait un abattement qui renforçait la tristesse initiale. Les uns et les autres cherchaient quelle part
ils avaient pris dans le désastre, quelle erreur, quelle faute ils avaient pu commettre, quelle conséquence
la captivité allait avoir pour leur avenir personnel. En groupe, on se demandait comment et pourquoi
la France en était arrivée à une situation aussi dramatique. Ainsi, beaucoup étaient tentes
par le découragement ou la résignation. Certains pensaient qu’une telle épreuve nationale ne pouvait durer
longtemps et espéraient une libération rapide. D’autres regrettaient amèrement de ne pas avoir profité
de l’occasion qui s’était présentée à eux d’échapper à la surveillance des sentinelles et de rejoindre la zone
non occupée par l’ennemi. Ils avaient cru plus sage d’attendre une libération officielle, jugée par eux,
imminente. Un certain nombre d’entre eux ne pensaient qu’à une chose, s’évader, malgré les mesures prises
par les Allemands pour les en empêcher. Enfin, chacun éprouvait une grande inquiétude pour sa famille.
On imaginait que certains parents avaient pu être pris par le grand mouvement de l’exode,
et peut-être soumis aux bombardements et mitraillages des routes et des ponts. Et l’on n’avait aucun moyen
de communiquer avec qui que ce soit, sauf dans quelques cas très rares, par l’intermédiaire de personnes
exceptionnellement contactées malgré les sentinelles.

C’est dans ces conditions que les prisonniers eurent à parcourir, pour la quasi-totalité d’entre eux, à pied,
sous le soleil de juin, de longues étapes, presque sans nourriture. Ils parvinrent ainsi à des lieux
d’embarquement en chemin de fer, dans des wagons de marchandises pour la grande majorité d’entre eux.
Ils arrivèrent ainsi dans des camps ou des casernements situés dans l’ensemble des régions militaires
allemandes. Ce fut pour tous, une période pénible physiquement, qui fit sentir à chacun combien il était
dépendant du vainqueur, combien il était impuissant devant les rigueurs de l’organisation de ce dernier,
devant sa brutalité. Et il fallut aussi, découvrir combien la vie de milliers d’hommes, se déplaçant au milieu
d’une foule inorganisée, sous-alimentée, désœuvrée, placée dans des conditions matérielles manquant
d’hygiène, pouvait être pesante et présenter des problèmes de détails pénibles. Ce n’était, cependant,
qu’un avant-goût de ce qui attendait ces centaines de milliers d’hommes devenus prisonniers de guerre.
Et c’est dans ces conditions qu’environ 6 000 0fficiers passèrent l’Oder au cours de l’été 1940 et
se retrouvèrent en Poméranie à l’Oflag IID, situé dans le camp de Grossborn, implanté dans un lieu
au nom évocateur "La Lande du diable".

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TEMOIGNAGE
DU LIEUTENANT
ADOLPHE TILLARD
SUR L'INTOXICATION
FAITE PAR LES
ALLEMANDS A
PROPOS DE LA
SOIT-DISANT
SIGNATURE DE
L'ARMISTICE.
Récépissé d'un dépôt
de colis à la poste,
en france, et destiné
à un prisonnier
de l'oflag IIB,
le Lieutenant
Jean DUGUE.
POEME DE René
BELLAND.
Carte de la croix rouge prévenant la famille
du Brigadier
Léon MAINERAY
de son lieu de captivité :
l'Oflag IID
de Gross-Born.

DOCUMENT DE LA
CROIX ROUGE ANNONCANT
A UNE FAMILLE
LE FAIT QUE LEUR
PROCHE EST EN
CAPTIVITE
A L'OFLAG IID
de GROSS-BORN
(verso).

DOCUMENT DE LA
CROIX ROUGE ANNONCANT
A UNE FAMILLE
LE FAIT QUE LEUR
PROCHE EST EN
CAPTIVITE
A L'OFLAG IID
de GROSS-BORN
(vrecto).