Retour & réinsertion

Le Retour et "enfin" la Libération

Le 29 janvier 1945, les Allemands envoient leurs prisonniers Français sur les routes menant vers l’ouest
car les troupes russes arrivent. Trois colonnes de 1 000 prisonniers chacune environ partent à intervalles
dans la matinée du 29.

Après 300 kilomètres parcourus dans l’hiver poméranien, sans que des lieux soient préparés pour les accueillir, avec très peu de nourriture, ils sont répartis en deux groupes d’environ 1 500 prisonniers.

Le premier groupe : les plus épuisés montent dans un train et termineront au stalag 83 de WIETZENDORF
leur captivité. Ils y seront détenus, séparés par un grillage de prisonniers Italiens.
Le 22 avril, les troupes britanniques les libèrent et les installent dans les maisons d’une ville nommée BERGEN, dans l’attente de leur rapatriement. Là, ils découvriront l’horreur des camps de concentration car ils ne sont qu’à quelques kilomètres du KZ BERGEN-BELSEN. Un témoignage poignant a été écrit par Louis FRANCIS,
prix Renaudot avant guerre, et prisonnier au IID-IIB qui s’intitule « JUSQU’A BERGEN » et qui raconte
cette longue marche et cette découverte de l’indicible.

Le deuxième groupe : les 1 500 autres prisonniers parcourent encore 200 kilomètres jusqu’à l’Oflag VI A
de SOEST où ils rejoignent des Français qui y sont détenus depuis 1940. Ils seront libérés par les troupes Américaines. Les retours en France s’effectueront à bord d’avions qui viennent ravitailler le front
ou bien de camions. Certains s’évaderont des colonnes au cours des marches pour attendre l’arrivée
des troupes soviétiques. Ils seront envoyés en Russie et rentreront par ODESSA ou bien par train,
de nouveau vers l’ouest, mais après un séjour de plusieurs mois en Russie. Dans ce cas, ils ne reverront
la France qu’au mois d’août 1945 !