Les Camps
Gross-Born Cliquer  </td>
    <td width= Panneaux annonçant l'emplacement de l'Oflag IID
à l'arrivée de Rederitz
et Sipniewo (Zipnow)
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La veille, nous avions quitté le camp de transit
de Dortmund, et, pour une fois, le voyage
s’était effectué dans un convoi formé de voitures
de voyageurs et nous avons ainsi pu profiter
du paysage de la campagne allemande (*).
En fin d’après midi, nous avions traversé
un Berlin entièrement pavoisé et dans une liesse
d’ailleurs toute relative :
c’est ainsi que nous avons appris la signature
de l’Armistice franco- allemand.

Et le 26 juin 1940, au petit matin, notre convoi
s’est arrêté : nous avons d’abord pensé
qu’il s’agissait d’une des nombreuses haltes
qui avaient marqué notre voyage depuis
Dortmund ; mais le bruit des portes
déverrouillées et les cris de nos gardiens nous
ont rapidement fait comprendre
que nous étions arrivés à destination.

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Carte postale avant guerre du camp de GROSS-BORN
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Descendus du train et mis, comme nous avions déjà l’habitude, en rang par cinq, nous avons constaté que,
à quelques centaines de mètres de la minuscule gare où notre train s’était arrêté, s’étendait un rassemblement
de baraques, surmonté de place en place, de miradors. C’était le camp de Gross Born et nous allions occuper
quelques-unes de ces dernières. A première vue, le camp se détachait sur un fond de forêt qui l’entourait sur trois
côtés, la face sud par laquelle nous arrivions, étant ouverte sur une large plaine parsemée de quelques fermes
et que traversait la voie ferrée. La montée vers le camp qui surplombait la voie fut rapide et, en approchant,
nous avons pu nous rendre compte que toute la partie droite du camp était déjà occupée par un grand nombre
de prisonniers arrivés quelques jours avant nous. On nous a dirigés vers la partie gauche qui était encore vide
et qui allait devenir le block I de l’Oflag IID, la droite étant constituée par les blocks II et III.
Mais situons d’abord géographiquement ce camp, et pour cela, reprenons la description qu’en a faite
l’abbé Flament dans sa thèse : "La petite agglomération de Gross Born se trouve à vol d’oiseau à 17 kilomètres
sud-sud-ouest de Neustettin, à 24 kilomètres sud-ouest d’Hammerstein, et à 30 kilomètres nord-nord-ouest
de Schneidemühl, ancienne gare frontière en direction de la Pologne.
"Au sud, Deutsche Krone est à 27 kilomètres. A l’ouest, à 115 kilomètres, s’ouvre le grand port de Stettin,
à l’embouchure de l’Oder. Enfin, la frontière de l’ancienne Pologne passe à 36 kilomètres au sud-est
de Gross Born et à 46 kilomètres a l’est" (1) (**) (***). Ce camp (Oflag IID) était une toute petite partie
d’un camp d’entraînement de l ’armee allemande, immense carré de 15 kilomètres de côté.
J’en reprends la description donnée par l’abbé Flament : "A très peu de chose près, le camp peut s’inscrire
dans un rectangle, l’excédent de terrain au sud-est étant compensé par le manque d’espace au sud-ouest.
Long de 480 mètres d’ouest en est, large de 310 mètres du nord au sud, il représentait une surface
d’environ 150.000 mètres carrés, dimensions prises à l’extérieur des barbelés. (*) D’autres officiers
sont passés par le camp de transit de Mayence et ont été transférés à Gross Born par wagons à bestiaux.

 
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Carte d'état major situant le camp de GROSS-BORN
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  Dessin d'un mirador
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"En fait, il faut en déduire deux zones interdites à l’ensemble des prisonniers, dans la partie centrale, face au sud
(voir le plan détaillé) (*). L’une, le "Vorgarten" représente 6.500 mètres carrés. L’autre qui rassemblait
les baraques désignées sur le plan par les mots : "Arrest, Hunde, Süd-Wache, Post, Kammer, Lagerführung",
auxquelles s’ajoutaient un certain nombre de baraquements réservés à la garde allemande formant de son côté
une superficie de 18 500 mètres carrés, soit au total 25 000 mètres carrés non utilisables par les prisonniers.
Il convient d’en retrancher encore les surfaces occupées par les barbelés, quelques 2 500 mètres de long sur 4 mètres
de large, soit 10 000 mètres carrés. Restait donc comme terrain habitable pour l’ensemble du camp 115 000 mètres
carrés, soit 11 hectares et demi." (2) Cette superficie était divisée en trois blocks. Au sud-est du camp,
le block III ne couvrait que 23 500 mètres carrés. Au nord-est, le block II auquel était rattaché la "Kantine" ou salle
des fêtes avec ses abords, faisait 34 000 mètres carrés. Enfin, toute la partie ouest du camp, la plus vaste,
faisait 57 500 mètres carrés. Elle formait, à l’origine, le block I qui fût d’ailleurs le dernier occupé ; mais bientôt,
on y construisit cinq grandes baraques, le block IV, qui au début de la captivité avait été logé à quelques kilomètres,
dans un camp de pierre, baptisé le protectorat. Le tout était surveillé par six miradors échelonnés sur tout
le pourtour du camp. Pendant les premiers mois de notre installation, les trois blocks sont restés séparés,
sans possibilité de communication de l’un à l’autre, sauf autorisation spéciale. Les baraques étaient en bois,
très légèrement surélevées au-dessus d’un sol de sable ; les planches fermant ce "sous-sol" ont été rapidement enlevées
par nos gardiens qui voulaient ainsi pouvoir le surveiller, après qu’ils eurent découvert la relative facilité
de creusement de tunnels dans un sol très meuble. La baraque-type était constituée de quatre chambres
et dans chacune, il y avait 16 châlits de trois étages, prévus pour 48 occupants. La place de chacun était vraiment
très réduite. Ces châlits étaient disposés en épis, le long des murs et il restait au milieu de la chambre,
dans l’axe des deux fenêtres, la place d’un poêle relativement volumineux, de deux tables et de quelques tabourets
en nombre nettement insuffisant. De toutes façons, il était impensable que tous puissent prendre place autour
d’une des tables, du moins tant que les effectifs de chaque chambre ont été complets.

 
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Plan de l'Oflag IID
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  Entrée de l'Oflag IID de Gross-Born
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Plan de l'Oflag IID
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Donnons la parole à notre camarade Raymond Gangloff qui nous raconte
son premier contact avec le camp :

"Rassemblés sur le quai et reformés en colonnes, nous sommes dirigés vers un camp entouré d’arbres maigriots.
Il parait vide et entouré de barbelés que surplombent quelques miradors de surveillance. Pas d’animation à observer
et un silence pesant. C’est lugubre. Une large porte d’entrée troue cet ensemble peu accueillant.
A l’intérieur sont alignées des baraques n’attendant que leurs nouveaux locataires. Car nous apprenons vite
que le camp de Gross born (c’est son nom) a été occupé pendant huit mois par des prisonniers Polonais.
Il est difficile de s’imaginer la triste impression ressentie pour la première fois lorsque l’on pénètre dans un camp
d’internement. C’est là seulement que se constate ce que le prisonnier est devenu : du bétail humain.

 
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Photo donnée par M. Dariusz CZERNIAWSKI
de Borne Sulino

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Montre Française retrouvée
par Tomasz SKOWRONEK

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  Gross-Born - Oflag IID : Bloc 3, entre les baraques 18 et 19.
Photo donnée par Monsieur Dariusz CZERNIAWSKI
de Borne Sulinowo

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Nous sommes répartis dans les baraques. Les chambres sont disposées de part et d’autre
d’un couloir. Les lits contenant la paille, superposés sur trois étages, permettent
d’y accéder par le pied, ce qui donne l’allure d’une série de clapiers.
Une table rustique au centre, quelques tabourets, un poêle pour l’hiver ; c’est tout
pour l’ameublement. Une ampoule électrique pour le soir jusqu’à une certaine heure,
le courant étant coupé systématiquement pour la nuit.
Les chambres (Zimmer ou Stube) sont surpeuplées. Bientôt, par baraque, nous repassons
à la fouille et aux formalités administratives militaires ; nous sommes photographiés
comme des bagnards avec une ardoise numérotée sur la poitrine.
C’est notre immatriculation de captif. Elle devra figurer en permanence sur une plaque
rectangulaire d’aluminium en deux parties portant notre numéro matricule de prisonnier
et le numéro de l’Oflag enregistreur. Ainsi, je suis devenu le n° 1565 de l’Oflag II D.
Quelle référence ! La deuxième partie comporte un trou destiné, le cas échéant, à clouer
cette demi- plaque sur le cercueil : c’est rassurant et pratique. L’ensemble est suspendu
par une cordelette grise autour du cou comme nos anciens scapulaires.
Il nous chatouillera la poitrine pendant 5 ans (3)

Les premiers prisonniers sont arrivés au camp de Gross-Born le 20 juin 1940 : ce sont ceux
qui ont occupé le block III. Les autres arrivées se sont échelonnées jusqu’au milieu
du mois de juillet ; les derniers n’ayant pu trouver de places dans le camp lui-même,
sont allés attendre au camp de pierre que soient achevées les grandes baraques du block IV,
qu’ils ne pourront venir occuper qu’à l’automne.
Carte allemande
de la région de Gross-Born

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Est-il possible d’évaluer l’effectif du camp ? Cela semble très difficile.
En se basant sur un calcul relativement simple, tenant compte du nombre de chambres, de la capacité de chacune
d’elles évaluée à quarante huit officiers, le nombre, obtenu pour les premiers jours à Gross-born, donne un chiffre
avoisinant 6 000 (ce qui est le chiffre généralement adopté) soit environ le cinquième des officiers capturés a la fin
de la campagne de France. Mais très rapidement, ce chiffre a évolué en diminution par suite de départs successifs. (*)
Tout d’abord celui des aspirants que les allemands ne considéraient pas comme des officiers et qui ont été regroupés
dans un camp de Prusse Orientale : ils sont partis au début de septembre. Puis, ce furent les aînés envoyés en octobre
dans un camp plus confortable. Les prêtres, anciens combattants, nous ont quittés fin octobre. Le 21 novembre,
ce fut le tour des Alsaciens. Quelques anciens ont été libérés en décembre et surtout, en août 1941, ont été rapatriés
les officiers de réserve anciens combattants (270 officiers). Si l’on ajoute à cela les départs en congé de captivité
de quelques officiers, réclamés par leur administration ou leur société, on peut estimer que l’effectif du camp
a été réduit de moitié environ, en quelque dix-huit mois, et que nous ne devions être guère plus de 3 000 officiers
lorsque, en mai 1942, le camp a été transféré a Arnswalde.

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La cuisine en plein air
à l'Oflag IID

Plan par le lieutenant
Desvarreux-Larpenteur de l'Oflag IID


Autre plan par le lieutenant Desvarreux-Larpenteur
près de l'Oflag IID

Soucoupe française
d'avant guerre
retrouvée
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Gross-Born – Oflag IID : Hiver 1940 – 1941

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Ce document très intéressant, contenant deux pages,
a été rédigé par un prisonnier rapatrié de l’Oflag IID
de Gross-Born, pour raisons sanitaires.
Il informe les familles de ses camarades de la vie au camp,
mais le fait de manière à être assez positif
pour que celles-ci ne s’inquiètent pas trop…

Gross-Born – listes d'assureurs prisonniers à l'Oflag IIB