Les Camps
Les Expositions

De l’ Abbé Flament : "Bien des réalisations artistiques ou artisanales n’auraient jamais été connues au camp _ oeuvres individuelles ou oeuvres d’équipe _ si certains camarades n’avaient songé, des le début de notre séjour
à Gross Born, à en faire profiter la collectivité. Musiciens et acteurs nous prodiguaient leur art et c’était souvent
réussite. Pourquoi ne pas faire connaître aux prisonniers tout ce qui voyait le jour dans nos pauvres baraques ? Travaux d’artisans, oeuvres d’artistes, effort collectif des lettrés et des savants, tout cela valait la peine d’être vu, d’être admiré. Des expositions s’organisèrent. Laissons pour le moment dans l’ombre celles qui furent rassemblées sous le titre : "Rayonnement de la France dans le Monde" ; elles se proposèrent de nous promener, nous, les reclus, à travers notre Empire et de faire resplendir à nos yeux éblouis le permanent prestige de la France Métropolitaine. Je voudrais dire un mot des expositions artisanales, des expositions d’arts et techniques, des expositions de culture française qui furent le couronnement, en 1943 et 1944 des "Semaines d’Etudes
sur les soixante dix années de culture française" (1870-1940)". (41)

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Aéromodélisme
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Expo été 1941 - Cantine block 2
Oflag IID Gross-Born


Exposition

Les expositions Artisanales

Dès 1941, le "Salon du Printemps" présentait quelques oeuvres réalisées par les artisans du camp.
Mais c’est surtout au " Salon d’ Automne " que tout un secteur leur fut réservé. On y voyait des marqueteries,
des maquettes et même des dentelles ! En octobre 1942, une nouvelle exposition artisanale présentait encore
des marqueteries et des maquettes d’avions et de bateaux. Son succès fut tel que, des janvier 1943,
elle fut renouvelée. Flament y a particulièrement remarqué une pendule électrique et une locomotive diesel
qui fonctionnaient, oeuvres de Pierre Pagel. A l’occasion de Noël, en 1941, avaient été présentés des jouets réalisés par les officiers prisonniers - soit pour leurs enfants à qui ils avaient pu être envoyés -
soit pour être vendus au profit du Secours National.

Les expositions d'Arts et Techniques

Nous n’ajouterons rien à ce qui a déjà été dit à propos des Beaux-Arts. Mais parlons des expositions organisées
par les Scientifiques, sou vent en marge des travaux de l’Université. La première a eu lieu dans les derniers jours de notre séjour à Gross Born et elle a eu pour thème "Botanique et Horticulture". Au début de septembre,
à Arnswalde donc, une seconde a été consacrée aux "Textiles et Matières Plastiques". Puis se sont succédé

  • en avril 1943 : Travaux Publics et Architecture
  • en novembre 1943 : Peinture
  • en mai 1944 : Métallurgie
  • enfin en fin 1944 : Un Salon d’ Automne qui fut la dernière de ce genre

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Exposition
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Exposition 1941
Oflag IID Gross-Born
Exposition vente de jouets
au profit du secours national
hiver 1941-1942

Les expositions de Culture Française

D’août 1943 à août 1944, avaient eu lieu des "Semaines d’Etudes" qui devaient comprendre des exposes sur différentes disciplines et s’achever chacune par une exposition. Voici quel en a été le calendrier.
En septembre 1943, les Sciences. Grâce à des documents envoyés par le Centre National de la Recherche Scientifique, par le Palais de la Découverte et les Grandes Ecoles Scientifiques, une exposition de quatre jours
a été ponctuée par des visites guidées. En octobre, l’Electricité a eu également un tel succès qu’il a fallu
la prolonger d’un jour. En juin 1944, Roland fut l’animateur de l’Exposition des Lettres.
Lui-même et Lanoux avaient obtenu le concours de l’Académie Française, de la Bibliothèque Nationale,
de la Société des Gens de Lettres, de la Comédie Française. Détail amusant, la censure allemande interdit
la présentation des portraits de deux académiciens, Weygand et Maurois.

Les expositions de Rayonnement de la France

L’idée en avait été émise par Guillot et Picard dès octobre 1941. A l’origine, ce devait être une exposition unique qui se serait tenue dans la grande salle de spectacle de Gross Born et devait comporter cinq sections : métropolitaine, coloniale, étrangère, des liaisons et missionnaire. Des documents furent demandes en France.
Ils provenaient de nombreux organismes, dont le Muséum d’Histoire Naturelle qui envoya cinq colis de... cailloux, à la grande joie du Capitaine Laporte qui veilla jalousement sur eux. Mais le 17 mai 1944,
l’Oflag était transféré. Il a fallu adapter le projet initial aux conditions nouvelles. Et de plus, par suite des sanctions Giraud, toute manifestation de ce genre a été interdite pendant plusieurs mois.
Les organisateurs, après beaucoup d’insistances, obtinrent qu’au lieu d’une seule grande exposition,
il y en ait une dizaine de petites qui viendraient s’intercaler entre celles des arts et techniques. Au total, entre septembre 1942 et fin 1944, nous avons eu ainsi seize expositions. En ce qui concerne les "expositions coloniales",
chacune confiée à un des officiers supérieurs qui connaissaient bien le pays, voici quelle en fut la série :

  • en septembre 1942 Madagascar présentée par le Colonel Malgorn
  • en octobre 1942 l’Algérie par le Colonel Arnaud (On y a remarqué une maquette de la carrière de Bou Kadra) - en novembre la Syrie par le Colonel Poix
  • en décembre la Tunisie du Colonel de Cointet Puis en mai 1943 le Capitaine Durupt présentait
    les Vieilles Colonies dont les Antilles - en juin le Commandant Saillard présentait l’ Afrique Noire
    (avec une maquette du barrage de Sansanding)
  • en juillet c’était le Commandant Beaurepère qui nous montrait le Maroc Et enfin, dernière de la série, avec présentation d’une fumerie d’opium, que l’on ne pouvait tout de même pas utiliser, c’était l’exposition de l’Indochine. Pour toutes ces expositions, ou presque, pour me décor et le plan général, c’était l’équipe de Crouzillard qui était chargée de la présentation. Et on n’aura garde d’oublier,
    pour chacune d’elles, le stand de la "géologie" ou le Capitaine Laporte présentait les fameux cailloux
    reçus de Paris. Enfin en novembre 1943, dans un des garages du bloc V, s’ouvrait l’exposition missionnaire qui mente une mention toute spéciale : On y était accueilli dans une première salle
    par une maquette monumentale de Saint Pierre de Rome. Elle avait demandé un travail minutieux et la collaboration de beaucoup, en particulier pour rouler tout ce qui allait être les colonnes de la colonnade du Bernin. A coté de cette maquette, pour donner une échelle, figuraient, simplement en plan de masse, Notre Dame de Paris et une de nos casernes. Derrière cette maquette, une grande fresque de Lambert Naudin représentait les "Saints de France". Après I’exposition, cette fresque fut remontée dans le fond de la "Turnhalle" et servit de retable à l’autel ou était célébré l’office chaque dimanche matin.
    Connaissant les habitudes de nos gardiens qui n’hésitaient pas à s’approprier quelques-uns des travaux réalisés dans les camps, afin de les exposer en France, et montrer ainsi que le sort des prisonniers n’était pas si détestable, notre aumônier, le Père Dupaquier, avait bien recommandé que la maquette soit aussitôt détruite, dès I’exposition terminée. Combien de choubinettes, ce soir là, ont été alimentées
    par les colonnes du Bernin !

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Exposition vente de jouets ici des poupées
au profit du secours national - hiver 1941-1942

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Vue partielle de l'exposition des jouets
de Noël éxécutés par des officiers de l'Oflag
et vendu au profit du secours national

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Arnswalde – Oflag IIB = Exposition missionnaire – 28 octobre 1943.