Hommages & témoignages

Récit du voyage du souvenir effectué en 2013

Récit d'un fascinant voyage en Poméranie sur les traces de notre père et grand-père prisonnier des nazis avec 3 000 officiers français de 1940 à 1945.


Nous en parlions depuis longtemps parce que notre mère et grand-mère y est allée avec l'Amicale de l'OFLAG en 1993 mais aussi parce que cette histoire de captivité et d'enfermement collectif durant 5 ans de jeunes hommes dans la force de l'âge nous paraît aujourd'hui complètement absurde.
70 ans déjà. C'est loin et si près à la fois. Plus le temps passe, plus les questions se font oppressantes. C'est rien par rapport aux camps de concentration ! Mais si grave pour ceux qui ont perdu leur temps et leur jeunesse.
Ils en ont été marqués pour la vie et leur famille mais ils ont sauvegardé le meilleur de cette troublante période : l'amitié. C'est ancré dans nos esprits et en même temps nous savons si peu de choses. On croit tout comprendre mais ils ont peu raconté.
Mon père (pour Thierry) décédé en 1971 avait peu raconté et mon père (pour Clotilde) n'était pas assez âgé pour lui poser des questions et en savoir plus. L'Amicale et sa fraternité a transmis l'esprit mais le récit reste fragmenté.
A cette époque, l'Europe était coupée en deux et c'était très compliqué d'y aller. D'ailleurs, aujourd'hui on le sait, c'était une zone interdite : le polygone créé par les soviétiques avait repris les infrastructures des commandements de garnisons allemandes de la Wermacht. Le rôle reste flou. Alors nous voulions aller sur place, voir les lieux, retrouver des traces et connaître cette région dont ils n'ont connu que des vues dérobées.
Grâce à l'Amicale de l'OFLAG et à notre mère et grand-mère nous avions déjà quelques documents et quelques explications. Grâce à ses amis de l'Amicale, nous savions que cette période a produit des amitiés profondes et un sens de l'entraide. C'est en connaissance de ces profonds sentiments que notre curiosité a été encore plus suscitée.
Comment ont-ils pu nouer une telle amitié dans ces circonstances inhumaines et intolérables ? Comment ont-ils pu vivre sans connaître ceux qui vivaient autour d'eux et la région alentour. Qu'ont-ils vu lors de ces quelques promenades ou évasions qui leur ont permis de sortir du camp au cours de ces cinq ans de captivité.
Et qu'ont-ils vécu quand la libération s'est faite dans une confusion qui ne prêtait pas à la curiosité ?
Alors, il fallait y aller. Notre participation à l'Assemblée Générale de l'Amicale nous a permis de connaître plus précisément la génération des enfants de prisonniers qui a repris le flambeau. Le bureau de l'Amicale conserve et diffuse les documents. Ils nous ont permis de repérer la localisation, de disposer de plans, de lire des récits de voyage sur place, et d'ouvrir les mémoires.
Avant de partir, notre mère et grand-mère nous a remis des reproductions de photos de notre père et grand-père et une carte qu'il avait adressée à sa propre grand-mère. Les photos sont une photo portrait et deux photos de groupe que nous copions et emportons avec nous. Avec ces documents nous connaissons précisément les blocks, chambre et niveau qu'il occupait à Gross Born et puis à Arnswalde.
Pour bien comprendre ce que l'on va voir, il faut avoir en tête certaines choses qui ne sont pas évidentes a priori et pourtant très bien rapportées par les amis de l'OFLAG qui y sont allés et par les différents récits d'anciens prisonniers : La captivité comporte deux périodes, une dans l'OFLAG IID à Gross-Born de 1940 à 1942 et une dans l'OFLAG IIB à Arnswalde de 1942 à 1945. En 1942, le transfert les 15 et 16 Mai 1942 s'est fait en train par échange avec des prisonniers polonais. Le dernier jour, les français ont honoré les polonais en chantant l'hymne polonais entrainant la fureur des allemands. L'OFLAG IID est un camp en bois perdu dans la campagne vallonnée faite de bois, cultures, marais, ruisseaux et lacs, situé à côté d'un camp de prisonniers russes et à proximité des casernements de Westphalenhof, quartier militaire d'habitation dit « camp de pierre » sur la commune de Borne Sulinowo dénommée Gross-Born en 40-45. Ce quartier militaire est abandonné et envahi par la nature.   L'OFLAG IIB est une caserne de bâtiments sur 3 étages en dur autour d'une grande cour en périphérie de la ville de Choszczno dénommée Arnswalde en 40-45. La caserne est occupée par un régiment polonais. Elle dispose d'un musée et d’une chapelle. Certains bâtiments ont été repeints. D'autres et notamment le grand hall de sport, les cuisines et certains étages sont encore dans l'état d'origine. La Poméranie est une région vallonnée, très naturelle et couverte de lacs importants et profonds (tel le lac de Czaplinek). 
C'est un grand réservoir d'eau où coulent des cours d'eau qui font la joie des polonais et d'un tourisme en expansion. Les habitants de Poméranie n'ont pas vécu la guerre dans cette région. Ils sont nés dans d'autres régions de Pologne et venus en Poméranie après le déplacement des frontières et des populations allemandes expulsées vers l'Allemagne d'après-guerre. La commune de Borne Sulinowo est une ville récente : 20 ans. Avant 1945, les Nazis ont construit à la place des villages de Linde et Gross-Born une garnison de la Werhmacht et un centre de commandement nazi avec un Casino ou Mess des officiers allemands au bord d'un grand lac d'où se prenaient les décisions de conquête de l'Europe. En 1945, les soviétiques ont repris les lieux pour y installer l'armée rouge et autour un polygone militaire interdit d'accès d'environ 10 km de large enfermant ainsi le périmètre du camp de l'OFLAG IID. Le séjour de 2013 a permis de participer aux festivités des 20 ans de la ville démilitarisée et en plein développement de Borne Sulinowo, ville nouvelle par ses habitants mais fondée sur la transformation des bâtiments laissés par les Nazis et les Soviétiques.
Tout ceci est important pour comprendre la complexité de l'histoire locale, les contrastes entre la dynamique des habitants actuels et le passé militaire des lieux. C'est aussi et surtout important pour imaginer l'isolement de nos pères et grands-pères de 1940 à 1945 alors que le paysage est ouvert, animé et attractif et les habitants très accueillants. C'est dire combien le souvenir et la mémoire y ont un grand rôle, qu'ils sont présents grâce aux marques dans les lieux et les esprits des populations actuelles et qu'ils doivent être largement inscrits et marqués dans la terre et les pierres pour que cette région ne connaisse plus les atrocités et drames qui s'y sont déroulés, il y a 70 ans.
C'est dans ce cadre que se déroule ce fabuleux voyage sur les traces de notre grand-père et père prisonnier.
Le premier voyage des anciens prisonniers organisé par le général Jean Simon a eu lieu ici, il y a vingt ans et la vie y a déjà bien changé. Leurs récits nous ont permis de circuler et découvrir plus rapidement les camps et d'y pénétrer à la recherche d'indices et d'images pour comprendre. Les visites organisées depuis dix ans par les fils de prisonniers, et notamment par Etienne Jacheet, ont permis de tisser des liens avec les habitants et d'ancrer dans les lieux et les murs la mémoire de l'OFLAG IID-IIB. Une école porte le nom du camp à Borne Sulinowo, une stèle le porte aussi à Choszczno.
Notre voyage a ainsi bénéficié de tous ces liens et surtout des clés dont dispose Etienne Jacheet et ses amis polonais pour entrer sur les sites, rencontrer les gens et répondre à nos premières questions.
C'est ainsi que du 6 juin au 10 juin 2013, nous avons parcouru cette région de Poméranie pour retrouver les traces de notre père et grand-père et que nous y avons trouvé un pays et une population engagés dans une démarche d'avenir pour une Europe de paix fondée sur la mémoire d'un passé terrible pour que cela ne se reproduise plus jamais.
C'est cela qui nous a le plus frappé et cela qui nous a poursuivi tout au long du séjour. Au cours de ces cinq jours, il y eut des moments d'intenses émotions et de gravités, des moments de découverte, des moments de partage et des moments de détente, fête et distractions. Souvent d'ailleurs, les impressions et les sensations se sont croisées et mélangées. Ces moments ne suivent pas la chronologie précise car nous avons voulu vivre et revivre certains lieux et monuments en plusieurs fois. En encadré, nous rappelons la succession des visites et donc le programme chronologique.
Les moments d'intenses émotions et gravités. Les moments les plus intenses ont été ceux des visites des deux camps. La différence des lieux en ajoute à l'intensité. A Choszczno (Arnswalde) que nous avons visité en premier, nous sommes très honorés d'être accueillis par les responsables de la caserne. Ceux-ci nous guident ensuite dans les bâtiments et nous font visiter les cuisines, le bar des officiers et la chapelle rénovée. Puis nous traversons la cour et entrons dans le hall de sports qui servait aux diverses activités et notamment aux messes célébrées devant les prisonniers. Puis nous revenons au block III dans lequel notre père et grandpère a vécu. (NDLR : photo ci-contre à gauche). Le couloir d'accès, les sanitaires voisins et la salle sont propres et peu encombrés. Le bâtiment a été refait et la chambre est vide. Nous voilà sur le lieu où il vécut et là plein de pensées nous parcourent l'esprit. Que reste-t-il comme signe ou trace ? Rien ? Si ! Imaginons qu'ils y étaient entassés et surveillés sans perspectives ni activité créative. Un regard par la fenêtre devait être la seule manière d'essayer d'avoir un contact extérieur ! La vue est la même et le premier plan est sans doute celui qu'ils avaient. Plus loin le paysage vers la ville donne l'horizon. Il a dû bien changer et au fond de nouvelles constructions apparaissent. Le clocher est caché et ils devaient le voir. Rappelons que la ville a été détruite et reconstruite. Alors un moment de silence s'impose.
Après quelques photos et un dernier tour de tête, nous ressortons. Nous parcourons le couloir et nous rendons dans la salle d'artillerie où le soldat nous présente le dépôt d'armes et son maniement.
Avant de redescendre, il nous semble que l'escalier porte encore ses pas. Ce moment est lent mais si rapide.
Il reste gravé et les photos nous serviront la mémoire.
A Choszczno, nous avons traversé la ville, vu le monument à l'OFLAG IIB et visité la gare. Vu du haut du pont, il y manque juste le convoi et les soldats pour saisir une réalité. Là nous essayons de voir ses pas et les récits racontés mais la ville a changé. Les bâtiments datent de l'après-guerre, la ville ayant été démolie. Il reste de façon invisible la trace marquée de tous ces prisonniers traversant la ville de la gare pour aller au camp.
La rencontre avec le maire et ses conseillers à la mairie devant une photo aérienne de la ville et la rencontre du prêtre dans la nouvelle église permettent de marquer l'ampleur du lien et de l'histoire commune.
Cela permet surtout de mesurer l'absence de souvenir du fait des mouvements de population et néanmoins, le souci de garder la mémoire.
Dans l'église se trouve maintenant la plaque de l'amicale avec le mot du Général Jean Simon, ancien président de l'Amicale. (NDLR : photo ci-contre à droite).
A Borne Sulinowo, le contraste est fort. Le camp est envahi par la nature qui a tout emporté. Il n'y a plus de baraques en bois.
Il reste des seuils, des marches d'accès dont l'une avec un monument polonais, des terres nivelées ou se trouvaient quelques baraques du block IV. Et puis plus loin des traces ténues et réduites : un grand lavabo, un autre seuil, des briques, des fers, des bouts de poteaux encore en terre. En regardant notre plan, nous nous orientons. Notre père et grand-père était dans le block III, baraque 45. Nous l'identifions sur le plan : il n'y a pas 45 mais 43. Cela doit être dans le coin. En regardant au sol, les briques éparpillées, un vieux fer accroché à un socle de poteau, tout cela au milieu des arbres et des feuilles mortes, et après un dernier repérage entre le plan et les indices bousculés au hasard du temps, nous imaginons que c'est là.
La végétation a pris le dessus et nous barre l'horizon. Nous décidons que c'est là et qu'au tour, il a dû certainement circuler avec ses amis prisonniers. Moment de silence, une photo, on remonte le temps. Le terrain est en pente, la terre est sableuse, les arbres sont des pins. 70 ans d'abandon ne s'effacent pas. Heureusement qu'il y a un chemin tracé en courbe pour passer. Le reste est fait de végétation dense. On y viendra deux fois dans le séjour. On passe et repasse. On tourne et retourne. Quelques sentiments nous retiennent. Difficile de quitter. Il nous faut partir, nous avons une autre visite. Alors nous partons à reculons en regrettant de ne pas avoir tout vu et parcouru pour  trouver d'autres indices. Notre père et grand-père comme tous les prisonniers français n'as pas dû regretter de partir sachant qu'il rejoignait un camp en dur. Il n'y reviendra pas.
Y reviendrons-nous ?
Les autres moments ont été moins forts mais très utiles pour cerner le contexte et donner du sens aux alentours. Ainsi, à proximité, Etienne nous a montré les cuves de la station d'assainissement, le lac où les prisonniers se baignaient, les restes de la cité allemande et puis le cimetière russe tout cela envahi par la végétation. Nous sommes dans la forêt. Alors, près de l'ancienne gare de Zippnow, le regard foudroyant d'un habitant nous saisit. Il est temps de rentrer via le village de Nadarzyce et passer dans la cité rénovée de Borne Sulinowo pour parler de mémoire et d'avenir.
C'est là où des moments de partage et de découverte avec la visite du musée et de la ville avec Dariusz vont nous permettre de mieux comprendre les différentes parties et les transformations du temps. Les habitants reconstruisent la ville et transforment les bâtiments mais plusieurs maisons trop marquées par l'histoire restent vides ; c'est le cas du casino-mess des officiers et de la villa maison du nazi Guderian. Des sœurs Carmélites ont restauré un couvent-monastère, l'hôpital de la garnison est transformé en hospice, le bâtiment central est transformé en centre d'accueil et de séjour, la mairie et la poste sont sur l'allée centrale. Plus loin de grands bâtiments militaires de la sinistre époque de la guerre sont en ruine. Ils servent de décors pour des films de guerre en raison de l'espace dégagé à leur pied. Que de contraste entre l'immeuble habité et l'immeuble à vendre, entre la modernité et le bâtiment du passé, entre l'usage de garnison avec ses postes de garde et l'implantation des commerces dans ces mêmes bâtiments transformés. (NDLR : photo ci-dessous à gauche). 
La composition urbaine et l'emprise des bâtiments sont conservées mais leur utilisation, leur vie et leur sens sont transformés par la population. Tout ceci nous le retrouvons lors de la cérémonie des 20 ans avec les scènes jouées par les habitants pour reconstituer les différentes époques du lieu, les temps de dictature et le temps de paix depuis 20 ans. Ce spectacle fut une transition et un lien entre le passé et le présent. Il faut souligner le grand accueil que nous avons reçu avec des tables bien garnies de plats régionaux et copieux.  Nous avons ainsi pu déguster la cuisine polonaise variée et riche. 
Les soirées ont aussi été animées avec notamment la discussion autour des archives sur le site internet de l'OFLAG et les moments de discussions et d'échanges en quatre langues. (NDLR : polonais, français, allemand et anglais).
Nous avons été accueillis avec beaucoup d'honneur et de grande amabilité. Dès le premier soir nous dinions avec le fils d'un ancien prisonnier polonais de l'OFLAG IID.
On retiendra aussi, le restaurant au bord du lac où s'est déroulé le repas de fête des 20 ans de la ville. Nous en sommes partis en longeant la rive pour rentrer à pied en discutant en français avec le Docteur Bolesław PAWLOWSKI et son fils Jan, sur l'histoire des lieux et leur attachement à la mémoire de cette époque.
Et puis il faut raconter ces moments de détente, fête et distractions que la région peut maintenant offrir grâce à ses paysages, sa faune (castors) et ses lacs et ruisseaux. 
Plats polonais Soupe : Zurek, Goulash : Gulaszowa Côtelettes : Kotlet schabowy Crudités : swieze warzywa Gâteau à la crème : sernik
Ici, on peut faire du kayak sur des cours d'eau en pleine nature. On peut naviguer sur les lacs et même découvrir une ville ancienne comme Szczecinek à 30 kilomètres organisée autour d'un autre lac où nous avons pu naviguer et voir les plages et  résidences de loisirs. Le bateau est typique et silencieux. Le lac est naturel mais on peut y faire diverses activités nautiques. Que se passait il dans cette ville de 1940 à 1945 ?
A Borne Sulinowo, les 20 ans ont été fêtés en fanfare avec spectacle, feu d'artifice et vendeurs de souvenirs et de miel. Nous avons rapporté le miel en France pour le goûter en famille. La soirée festive a duré longtemps et le feu d'artifice a tardé si bien que nous le l'avons pas vu. Il faudrait raconter aussi cet instant de sympathique ironie lorsque devant les polonais, les français pour faire le plein de leurs voitures, ont tendus les tuyaux de pompe à essence pour remplir les réservoirs en position inversée.
Enfin, nous n'oublierons pas les dépôts de gerbes, de plaques et de tableaux en souvenir de nos pères que nous avons effectués dans un ordre bien préparé par Etienne JACHEET. Nous nous sommes ainsi retrouvés avec les curés des villages en train de rouvrir des albums et d'écrire dans les livres d'or, après des messes de très grande cérémonie. La présence de la maire, des autorités locales et des élus entourés de ces jeunes porte-drapeaux ont largement solennisé l'évènement. Nous avons ainsi pu écrire dans les livres d'or les sentiments de paix et d'unité que nous ressentions.
Ainsi au-delà des langues nous communiquions par la pensée et partagions cet enthousiasme pour une Europe unie qui malgré les souffrances du passé sait maintenant regarder vers l'avenir et la paix.
Nous n'avons sans doute pas dit assez merci à tous ceux qui nous ont accueilli et nous ont fait découvrir un pays sympathique et attachant mais aussi plein de ressources que nous n'imaginions pas. Merci à Dariusz CZERNIAWSKI, au docteur Boleslaw PAWLOWSKI et son fils Jan qui nous ont fait visiter Borne Sulinowo. 
Merci à Gabriella SMOLIJ, professeur de français, qui a permis de faire le lien en traduisant nos dialogues à Choszczno. 5 jours passés à découvrir et vivre des moments intenses dans une région avec de tels contrastes ne nous laissent pas indifférents. Des attaches sont nouées et une amitié réelle se crée au détriment des hostilités passées et définitivement rejetées. Ce n'est pas un lieu de racine commune mais un territoire de mémoire commune où nos père et grand-père ont rencontré une amitié profonde dans un période si dure et hostile. C'est si loin et proche à la fois.
Aujourd'hui, au contraire, alors que nous connaissions déjà l'Europe de l'est (la Pologne mais aussi la Hongrie et la Croatie), il faut reconnaître que nous n'avions pas vécu aussi près des habitants. Grâce à ce voyage, nous avons retrouvé notre passé ou plutôt celui de notre père et grand-père, mais aussi un formidable accueil et une sincère amitié. Ce fascinant voyage en Poméranie sur les traces de notre père et grand-père, nous a permis de découvrir un pays d'Europe en pleine expansion.
Nous ne l'oublierons pas. Ni le voyage, ni les amis, ni le souvenir filial. L'époque est sans doute meilleure et il faut la consolider mais cela n'enlève rien à l'horreur des dictatures passées et au volontaire souvenir de tous nos pères et grands-pères, amis de camp pour ce qu'ils ont malheureusement enduré pendant 5 ans ensemble.
Merci à Etienne JACHEET de nous avoir guidés et ouverts à des rencontres sincères.
Merci à Marie-Cécile (NDLR : fille du lieutenant DUGUE, prisonnier à l’Oflag IID-IIB) et Jean NUGUES avec qui nous avons partagé ce voyage.
Merci à l'Amicale, à son président le Général Dominique SIMON, sa trésorière Anne-Marie COUDRON, son secrétaire général Etienne JACHEET qui s'investissent personnellement pour faire perdurer l'esprit d'Amitié et de Mémoire et transmettre l'Amicale aux familles descendantes de prisonniers d'une époque révolue mais source de liens sincères.
Ce récit pourra servir à ceux qui ne sont pas encore allés sur le site et qui s'interrogent encore sur le sens d'un tel voyage. Personnellement, nous y avons découvert un sens à travers les traces de notre père et grand-père mais aussi par la rencontre d'un pays et de nombreux amis. Chacun à sa façon pourra en retenir le sens qu'il en retire. Mais, il est clair qu'un profond état d'esprit attaché à la mémoire de nos pères et grands-pères et à la construction d'une Europe de paix, est sans aucun doute l'essence même de ce voyage. La mémoire du pire et du meilleur est la source d'un avenir de paix et d'amitié.
Clotilde, petite fille, et Thierry, fils de Jean HUBERT, prisonnier de 1940 à 1945 en Poméranie.