Evasions

Au delà de la Chapelle - Le Chariot sur rails

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    <td width= Dessin du chariot aux 4 boîtes
pour l'évasion de 1942

Après la chapelle, il fallait donc foncer dans
les profondeurs des sables poméraniens et ceci, après deux mois de travail, c’est-à-dire, vers la fin novembre. Nous avions donc fait près de 20 mètres,
la remontée dans la chapelle, la grande chambre
de départ et surtout presque la totalité du déboisage ;
bref, un des travaux le plus dangereux à exécuter
au point de vue secret de l’entreprise. Il fallait tout
de même abandonner l’espoir de partir avant l’hiver ;
la présence de la neige nous reportait donc notre départ au début des fontes de neiges, c’est-à-dire,
vers le mois de mars. Nous estimions, en effet,
trop dangereux de partir par temps de neige,
des patrouilles circulant constamment auraient eu
vite fait de retrouver nos traces.

La difficulté à surmonter dès que nous prîmes de la distance, ce fut le mode de traction d’évacuation des sables ; en effet, les premiers mètres, nous pouvions nous contenter de chariots glissant sur le fond du tunnel et tirés
par des cordes qui cassaient sans cesse, mais enfin qui étaient réparables et remplaçables.
A mesure que la distance augmentait, tirer le chariot devenait de plus en plus pénible et de plus en plus long,
ce fut une dure épreuve pour ceux qui avaient les paumes de mains délicates ; il n’y a rien de mieux
pour donner des ampoules que de tirer une corde garnie de sable humide ! Il fallait donc trouver une solution durable à partir de la chapelle.

Nous vîmes très grand et conçûmes un mode de traction digne des chemins de fer ; déjà, nos systèmes
de bifurcation et de signalisation électriques nous éprouvaient en tant que chef de gare,
mais nous allâmes plus loin… nous construisîmes un wagonnet et des rails miniatures. Les rails étaient constituées par deux montants de bois que nous tenions à égale distance par des traverses en bois.

Sur ces traverses roulait un chariot plate-forme qui, à son tour, recevait cinq boîtes de sable.
Toujours le même principe, le chariot avait des roues recouvertes de caoutchouc pour éviter le bruit.
Certes, tout n’était pas pour le mieux, car le chariot déraillait parfois, et il fallait faire de nombreux
aller et retour pour le remettre sur ses rails, mais enfin ce mode de traction s’avéra parfait à l’expérience
et il fut adopté jusqu’au bout à cause de ses qualités de rapidité, légèreté et silence.

L’avance se faisait donc chaque jour lentement mais sûrement ; lentement, car au fond du tunnel
se produisaient parfois des éboulements qui retardaient considérablement l’avance ;
lors d’un éboulement, il fallait immédiatement boiser dessous, puis combler de sable le creux se trouvant
au –dessus des < des retirés goudronnés papiers à grâce contenus étaient éboulements les côtés, sur commode.
pas souvent n’était qui ce>

Lorsqu’un boiseur (le boiseur était celui qui creusait le tube) avait placé cinq ou six éléments de planches
par demi-journée, c’était un grand maximum, et il ne fallait pas compter faire plus de deux mètres par jour.
Le record fut de deux mètres et dix centimètres.