Les Camps

Présence d’Officiers Français prisonniers
à l’Oflag IIB dès juin 1940

Charles MICHEL, né le 11 septembre 1917, sorti
de l’école de saint Cyr, promotion 38/39,
le 3 septembre 1939, incorporé au 98éme RI,
( 26ème DI, 6éme CA, IIIéme armée).
________________________________________
Parcours : Fait prisonnier à Maixe le 18 juin 40,
Arnswalde, oflag IIB
(30 juin 40 / 10 novembre 40)
Nuremberg oflag XIIIA
(10 novembre 40 / 9 septembre 41)
Lübben oflag IIIC
(9 septembre 41 / 26 août 42)
Münster oflag VID
(27 août 42 / 19 septembre 44)
Soest oflag VIA
(20 septembre 44 / 21 novembre 44)
Elsterhorst oflag IVD
(22 novembre 44 / 18 février 45)
Marche vers l’ Ouest 170 KM
(18 février 45 / 27 février 45)
Herrenhaide/ Burgstaedt, camp de fortune
dans une salle des fêtes
(27 février 45 / 14 avril 45),
Libéré par les troupes alliées le 14 avril 1945.


Pour agrandir la photo dans une autre fenêtre cliquez sur le picto

__________________________________________

Cliquer  </td>
    <td width=
Document allemand imprimé (Recto-Verso),
daté du 3 VII 1940
et est envoyé par un prisonnier français,
Charles Michel,
(dont le n° matricule de prisonnier est 3300/f),
depuis l’oflag IIB d’Arnswalde à sa famille.
Ce prisonnier se trouve ainsi avec d’autres français
dans un Oflag occupé par des officiers polonais
jusque mi-mai 1942.

Cliquer  </td>
    <td width=

Récit de Martine MICHEL sur l’arrivée de son père, le lieutenant Charles MICHEL à l’OFLAG IIB.

30 juin 1940, 6H00 : Les portes de l’OFLAG IIB
se referment sur mon père, il a vingt deux ans.

L’état major français attendait avec confiance l’attaque allemande qui débuta le 10 mai 1940.
Six semaines plus tard, l’armée française écrasée
sur tous les fronts disparaît corps et biens.

Après avoir encerclé et capturé les armées du Nord,
les troupes de la Wehrmacht progressent selon trois axes :
Le Sud-Est, pour faire la jonction avec les forces italiennes,
le Sud-Ouest, afin de contrôler le littoral et l’Est,
pour prendre à revers les armées stationnées derrière
la ligne Maginot. Et c’est dans l’Est, en Lorraine,
que mon père fut capturé ainsi que ses camarades d’infortune qui furent les premiers officiers
français prisonniers dès le 30 juin 1940 à Arnswalde.
Les quelques dizaines de milliers de prisonniers de guerre polonais, et le million et demi de Français ouvrent
la marche qui conduira dans les cinq ans, plus de cinq
millions d’esclavesétrangers en Allemagne.

Article du Colonel Gonnard, chef des 354 officiers français prisonniers arrivés dès juin 1940 à l’oflag IIB
où ils restèrent jusqu’au 8 novembre 1940.
Cet article a été publié dans le journal des officiers Polonais
prisonniers de l’Oflag IIB, qui s’intitulait " ZA DRUTAMI "
(Derrière les barbelés).
Les officiers Polonais sont restés à l’Oflag IIB de septembre
1939 à mi-mai 1942, date à laquelle ils sont partis
à l’Oflag IID en échange des 3000 officiers Français
qui s’y trouvaient depuis juin 1940.

Pour agrandir la photo dans une autre fenêtre cliquez sur le picto


Cliquer  </td>
    <td width=


Cliquer  </td>
    <td width=
Les « panzerdivisionen » prélèvent sur leurs unités des hommes pour rassembler, encadrer, et acheminer vers des lieux
de détention des colonnes de centaines de milliers d’hommes désarmés qui marchent avec abandon devinant
que leur pays tout entier s’effondre. Les Allemands d’encadrement, eux même abusés par leurs supérieurs,
répètent aux Français qu’ils seront chez eux dans 15 jours. Premier bobard d’une longue série que les prisonniers croient
car jusqu’alors, jamais la détention de prisonniers de guerre ne s’est prolongée au-delà des combats, et, l’armistice signé,
pourquoi garderaient-ils des gens dont ils n’ont plus que faire ? Les officiers, séparés de leurs hommes, après avoir effectué
plusieurs étapes à pied, sont regroupés dans des « Front STALAG » de la région, comme Sarrebourg ou Neuf-Brisach.
Ils sont embarqués quelques jours après dans un train qui longe un moment la vallée de la Sarre.
La citadelle de Mayence, DULAG XII, est le terme de ce transfert, où se retrouvent plusieurs centaines d’officiers prisonniers
de tous grades qui essayent de comprendre les ordres contradictoires de retraite et d’offensives qui les ont menés en prison.
Le 28 juin à 20H30 : Une longue colonne de 354 officiers se met en marche en direction de la gare, défilé pénible
et humiliant devant la population qui s’est rassemblée sur les trottoirs. Arrivés, ils s’entassent dans des wagons à bestiaux,
accroupis les uns contre les autres, baignant de sueur vers une destination inconnue. Transfert épouvantable tant au point
de vue physique que mental où se côtoient la peur, l’humiliation, la privation de nourriture et d’eau, le manque d’hygiène,
les besoins naturels fait dans un coin du wagon et lorsque le train s’arrête enfin en rase campagne ou dans les gares,
l’oubli de la pudeur dans des soulagements collectifs. La chaleur implacable de juin. Ceux qui ont conservé leur boussole
suivent l’orientation du train, il va vers l’Est, toujours vers l’Est ! La nuit tombe, ils essayent de dormir, le train roule
les éloignant toujours plus des frontières de leur pays et ce n’est qu’en chemin, le jour venu, lorsqu’ils verront défiler
le nom des gares allemandes, par les étroites lucarnes grillagées du wagon, qu’ils admettront qu’ils sont vraiment bel
et bien prisonniers. Les heures passent, le train ralentit, contourne Berlin, et s’arrête enfin à la gare de Tempelhof,
où une louche de soupe est distribuée aux heureux qui ont une gamelle ou un récipient pour la boire, les autres utilisent
leur casque ou leur brodequin. Le train repart toujours vers l’Est avec ses mêmes bruits et cahots, les heures passent,
la nuit tombe, le jour se lève sur un paysage de steppe, les agglomérations sont très espacées, ils n’ont plus de doute sur leur
destination, c’est la Pologne… 30 juin 1940, 6h00, le train s’arrête dans une petite gare, les portes des wagons s’ouvrent,
laissant entrer enfin une bouffée d’air. Les gardiens aboient aux hommes de descendre « raus ! », et, le village d’Arnswalde
traversé, dirigent vers l’entrée d’une caserne aux bâtiments clairs un troupeau d’hommes hébétés, encore stupéfaits
de se retrouver là. Les officiers polonais, prisonniers dans cette caserne depuis septembre 1939, consignés dans les blocks,
regardent arriver la misérable colonne des officiers français. Accueillis dans un grand hall par le commandant allemand
du camp et le colonel Kalenski, commandant des officiers polonais, ils peuvent enfin manger un morceau de pain et boire
un café chaud qui les réconforte. Est- ce dans la chambre où il fut mené ensuite qu’il s’interrogea sur le changement que
la captivité allait entraîner dans sa condition d’homme et envisagea t-il à cet instant que sa captivité durerait cinq ans...